| Pourquoi un Mois de l'histoire des Noirs? |
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| Black History Month | |
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En décembre 1995, le Parlement du Canada a officiellement désigné le mois de février comme le Mois de l'histoire des Noirs, en reconnaissance des sacrifices et de la contribution des Canadiens d'origine africaine ignorés pendant près de 400 ans d'histoire.
Les Canadiens de race noire font partie des nations fondatrices ayant contribué au développement du pays. Des documents historiques attestent le fait que Mathieu Da Costa fut la première personne d'origine africaine à fouler le sol de ce qui deviendra plus tard le Canada, en compagnie des explorateurs français Pierre Du Gua De Monts et Samuel de Champlain en 1604. Contrairement à celle de Da Costa, qui était un homme libre servant d'interprète entre les Européens et le peuple Mik'maq, l'existence de milliers d'individus de descendance africaine établis dans le pays a été passée sous silence. L'esclavage a sévi au Canada de 1628 à 1793 et Olivier LeJeune serait le premier Africain réduit à l'esclavage. Conduit tout jeune d'Afrique au Canada, il reçut le nom de l'un de ses propriétaires, qui était prêtre. Ce n'est qu'en 1793 que le Haut Canada vota la Loi sur l'abolition de l'esclavage, interdisant l'entrée d'esclaves dans cette région. En 1779, nombre d'Africains s'étaient déjà établis au Canada, ayant accédé à la liberté en joignant les rangs des Britanniques pour s'opposer à la guerre d'Indépendance américaine (1775-1783). Près de 10 pour cent des Loyalistes de l'Empire Uni établis dans les Maritimes étaient de descendance africaine. Mais pourquoi un Mois de l'histoire des Noirs? C'est pour sensibiliser le public, permettre aux Canadiens d'origine africaine de s'affirmer pleinement et d'affirmer leur identité. C'est la société canadienne tout entière qui doit savoir apprécier l'histoire des Africains au Canada et leur apport à la société dont ils font partie, à ses valeurs et à ses institutions. Ainsi, il est important de reconnaître la contribution des Africains à la défense du Canada et de ses valeurs démocratiques. Durant la période allant de la révolution américaine (1775-1783) à la Guerre de Corée (1950-1953), des Canadiens d'origine africaine ont sacrifié leur vie pour la protection de la liberté. Cette contribution est partiellement montrée dans le documentaire Honour Before Glory, qui relate l'histoire d'un bataillon militaire canadien composé entièrement de Noirs durant la Première Guerre mondiale, le Deuxième bataillon de la construction, constitué à Pictou, en Nouvelle-Écosse. Le film est basé sur le journal du révérend William White, aumônier de ce bataillon et le seul officier de race noir commissionné de toutes les forces armées britanniques de l'époque. Ce n'est qu'en 1987 que le rôle de ce bataillon a été reconnu dans l'histoire du Canada, dans la ville de Pictou en Nouvelle-Écosse. En dépit des nombreuses et importantes contributions des Afro-canadiens à la société canadienne, beaucoup d'entre eux continuent d'être confrontés à la discrimination et au racisme systémique. La société canadienne actuelle est aux prises avec deux défis majeurs. Premièrement, il est essentiel de prendre en considération la souffrance des victimes de l'esclavage et du racisme comme partie intégrante de notre histoire. Nous devons comprendre et apprécier la contribution des Canadiens d'origine africaine et reconnaître les nombreux sacrifices qu'ils ont fait pour préserver la société canadienne et ses valeurs. Deuxièmement, bien que le Canada soit reconnu à l'échelon international pour son engagement à défendre les droits de la personne et pour sa lutte contre toute forme de discrimination y compris le racisme, il continue d'accuser un certain retard pour l'élimination de toutes les formes de discrimination. Certes divers instruments législatifs et juridiques existent, tels que la Charte canadienne des droits et libertés, la Loi sur les langues officielles, la Loi sur le multiculturalisme canadien, la Loi sur l'équité en matière d'emploi, et la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés; mais les obstacles à l'emploi, à la promotion et aux autres formes d'inclusion persistent. Comme l'indiquait le Rapporteur spécial des Nations Unies en matière de racisme dans son rapport de visite au Canada en 2004 : " Il ne suffit pas de nous doter de lois. Encore faut-il les appliquer adéquatement et efficacement. Pourquoi ne pas commencer cette année? " |
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| Dernière mise à jour : ( 03-02-2010 ) | |